Ce corridor, crucial pour le Tchad enclavé et les exportateurs nigérians, est le principal moyen d'acheminement des marchandises du port de Douala vers N'Djamena. Le commerce entre le Cameroun et le Tchad, estimé à plus de 174 milliards de FCFA (303 millions USD) pour le secteur informel, repose largement sur ces échanges.

L'intensification de l'insécurité s'explique par la collusion entre criminels et terroristes, facilitée par l'afflux d'armes. Des enlèvements, parfois suivis de trafic humain, sont perpétrés par des groupes armés qui cèdent ensuite les victimes à des factions de Boko Haram pour le paiement de rançons. La recrudescence des attaques de l'État Islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) contre des postes militaires a également créé des opportunités pour le banditisme.

Les mauvaises conditions routières, aggravées par la saison des pluies, rendent les déplacements dangereux et ralentissent le commerce, entraînant des pénuries, une hausse des prix et des tarifs de transport doublés. Le harcèlement par les forces de l'ordre et les douaniers ajoute à ces difficultés, malgré des efforts pour réduire le nombre de points de contrôle.

Des projets de réhabilitation routière, comme la construction d'un remblai entre Maga et Kousséri, pourraient améliorer la situation en contournant les zones d'attaques. Cependant, la coopération militaire conjointe entre le Cameroun et le Nigeria, ainsi que des initiatives de sensibilisation civile, sont jugées nécessaires pour sécuriser durablement le corridor et favoriser les opportunités économiques locales.